Partagez | 
 

 Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Cassandra Deniel

avatar

Messages : 41

MessageSujet: Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]   Jeu 1 Nov - 19:47

Elle poussa la porte, et entra alors dans cette petite salle de combat. Cassandra s'était offert le luxe de réserver cette arène pour un après-midi, afin de rencontrer le nouveau capitaine de l'armée royale. Le fait d'être duchesse avait de nombreux privilèges, mais aussi certaines responsabilités, comme le fait d'avoir un réseau de contact plus important que la norme. Et elle n'a pas trouvé d'autres moyens, pour rencontrer ce fameux chevalier, que d'organiser un cours d'escrime.

Évidemment, ce cours n'était qu'un prétexte, car la jeune femme n'avait pas de lacunes dans ce domaine, loin de là. Elle avait entendu quelques rumeurs sur cet homme courtois et juste. Mais ce qui l'avait plus intéressée, c'était son côté intransigeant et vertueux. Il n'y avait rien de plus comique pour une démone, que d'observer ce genre de personnage. Quelque part, elle aussi était vertueuse, mais ses vertus étaient bien différentes de l'humanité. La vertu était quelque chose qui portait vers le bien, et le bien était quelque chose de trop subjectif. Pour une démone comme Cassandra, il était logique que ce qui était bien, c'était le mal...et le mâle, mais ça, c'était une autre histoire.

La duchesse avait abandonné ses belles robes, ses ornements et ses pour se vêtir d'une tenue simple et confortable, pour les besoins du cours. Elle restait tout de même coquette dans les vêtements qu'elle avait choisi, car elle portait des bottes remontant jusqu'à la moitié de la cuisse, par dessus un pantalon en tissus. Par dessus sa chemise blanche boutonnée jusqu'au cou, elle avait une veste bleu serrée qui mettait en valeur ses hanches menues et qui était boutonnée jusqu'au cou, où les froufrous de la chemise dépassaient du col de la veste. La veste lui donnait un côté élégant mais autoritaire, avec ses épaulettes. Enfin, elle s'était attachée les cheveux en un chignon simple et pratique pour le combat. Bien qu'elle prétendait ne pas connaître grand chose à l'escrime, elle avait pourtant la tenue parfaite pour se battre. Sa coquetterie la trahirait peut-être...

Elle s'avança vers une épée accrochée au mur, puis elle l'attrapa sans difficulté. C'était une épée longue basique, pas trop lourde, mais qui n'avait pas non plus le poids d'une rapière. Elle plaça la lame à la verticale, et posa ses doigts sur le plat de la lame en la caressant avec un petit sourire. Cela faisait si longtemps que la duchesse ne s'était pas salit les mains pour éliminer quelqu'un. Même si la manipulation et la crainte à distance était des jeux distrayants, une petite tuerie lui manquait. Mais au vue de son statut social, elle ne pouvait plus se permettre ce genre d'actes.

Elle fit volte face soudainement, pointant l'épée dans le vide, puis enchaîna quelques coups en se déplaçant gracieusement par de grands pas chassés. Puis elle se bloqua brusquement, et refit la même démarche à reculons. Après ça, elle vint raccrocher l'épée au mur et vint au centre de la pièce, pour attendre Fredrich. Les mains jointes, l'allure droite et fière, elle ressemblait à une statue qu'on avait sculpté pour décorer l'arène.

Elle était impatiente de le voir en chair et en os, de l'observer, de le tester. Elle avait fait quelques recherches sur lui avant d'organiser cette rencontre, et elle en conclut qu'il était difficile d'accès, fuyant les mondanités, et donc peu de personnes avaient pu récolter quelques informations à son propos. Elle avait donc peu d'éléments sur son histoire, mis à part qu'il avait été nommé capitaine grâce à ses prouesses chevaleresques à la guerre. Enfin elle entendait ses pas s'approcher, et la porte s'ouvrit.

Que le jeu commence.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Fredrich
Capitaine de l'armée royale
avatar

Messages : 6

MessageSujet: Re: Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]   Jeu 1 Nov - 20:22

Des cours d'escrime ? Était-ce vraiment la meilleure manière de veiller au bien-être du royaume que de se grimer en professeur ? N'y avait-il pas mieux, tel que chasser brigands et monstruosités, le long des routes si peu sûres du royaume, pour assurer la paix au nom du roi ? Fredrich était perplexe à l'idée de dilapider ainsi son temps au sein d'Argelas, alors qu'il désirait focaliser son attention sur le sud des terres ; cela-dit, on lui avait fait comprendre qu'il ne seyait pas de refuser à Dame Deniel. Qui plus est, il était de son intérêt de bien paraître aux yeux de la duchesse de Trigorn : la ville avait un passé séditieux houleux et y avoir des alliés ne semblait pas inopportun.

Il poussa donc la porte de l'arène et s'engouffra dans la salle. S'il ne revêtait pas la totalité de son armure, il revêtait des éléments militaires marquant son appartenance aux forces de Roland IV. Sa cotte d'armes de bleu et d'or, frappée du symbole d'une froide croix parsemée de clous, recouvrait une légère tenue matelassée brunie par le temps. Fredrich avait délaissé la plupart de ce qui était d'acier dans son accoutrement, si ce n'était son épée, qui sommeillait dans son fourreau à sa hanche droite.

Bien qu'il n'eut pas de véritable désir d'être là, Fredrich garda un visage de marbre. Au contraire, il s'étonna à développer un sourire de politesse et de courtoisie à l'égard de sa future élève, même si, pensait-il, sa cicatrice encore fraîche devait avoir achevé le jeune homme en lui pour en faire un adulte voisin de la guerre. Il avait songé à se raser avant la rencontre, à se parfumer et se préparer, mais l'heure du rendez-vous venu, il s'était aperçu qu'il n'avait eu le temps de ne rien faire ; aussi était-il dans l'appareil le plus proche de la réalité qu'il vivait.

Il referma la porte derrière lui. La duchesse était là, au centre de la salle, vêtue comme le sont la plupart des duellistes de la ville : à la fois mélange de commodité et de vanité, songea-t-il. Quel était l'intérêt de ces morceaux de dentelles qui ébouriffaient les poignets et la gorge ? Il trouvait toujours un raisonnement malsain dans celui de se faire beau pour aller accomplir l'acte meurtrier. Peut-être la dame ne songeait pas aussi loin, se dit-il cependant. Après tout, il était sensé être le professeur... Et puis, malgré tout, les vêtements qu'elle avait choisi ne l'entraveraient pas lors de ses mouvements. Un bon point de raisonnement pour elle.

Il décida alors de briser le silence, en s'éclaircissant la gorge, deux fois, puis, affublé d'un sourire poli, s'inclina lentement en présentant ces mots :


Mes respects, dame. Je suis le chevalier Fredrich Kezhander, capitaine de l'Armée Royale, et à votre demande, votre instructeur d'armes.

Il se redressa lentement, et s'approcha du centre de la pièce, détaillant de plus près son élève.

Je ne sais pas trop où vous en êtes en matière d'escrime, ni ce que vous attendez exactement de ma personne. Je ferai mon possible pour vous assister et partager mon savoir avec vous du moment que je correspondrai à vos désirs.

Fredrich observa les armes qui ornaient les murs de l'arène. Des objets d'entraînement, qui ne devaient guère être aiguisés, espéra-t-il. Il y en avait pour tous les goûts, et le chevalier se rendit compte que l'arsenal proposé convenait contre à peu près n'importe quel type d'ennemi, fut-il affublé d'une armure de plates ou du plus simple appareil. Il n'y allait pas avoir un manque de diversité, encore fallait-il que la duchesse s'y intéresse. Pour une citadine, il se doutait bien qu'ils n'aborderaient pas les usages du combat en armure... Et il était étrange, pour un entraînement de combats urbains, de demander le capitaine de la garde royale.

Y a-t-il une raison particulière qui vous aie poussé à demander un tel cours ? Est-ce la curiosité, ou une envie d'apprendre à vous défendre, dame ? Je dois dire que je suis quelque peu curieux à l'idée qu'était celle de me convoquer personnellement. Je ne suis certainement pas le meilleur des bretteurs auxquels vous pouvez avoir recours...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassandra Deniel

avatar

Messages : 41

MessageSujet: Re: Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]   Ven 2 Nov - 16:49

Il était à la hauteur de ses espérances. C'était un homme séduisant, et même cette cicatrice lui ajoutait un peu de son charme, faisant de lui un homme d'expérience et de savoir faire. Même si en matière de savoir faire, il restait dans ses limites du possible d'humain. Au départ il restait impassible, tandis que la duchesse lui adressait un sourire poli. Sans doute était-il en train de la jauger. Enfin il s'inclina et commença à parler. Quand il se présenta, elle hocha la tête pour signaler qu'elle l'écoutait et qu'elle comprenait. Elle l'écoutait attentivement, toujours en arborant un sourire figé. Après avoir fini sa tirade, il observa quelques instants autour de lui, puis l'interrogea.

La duchesse prit alors tout son temps pour répondre. Elle se recula légèrement, puis s'avança vers les armes accrochées au mur. Elle les fixa quelques secondes, puis se tourna. C'était un petit rituel qui lui permettait de rassembler ses pensées pour construire une réponse claire. En même temps, cela lui permettait d'observer ses réactions face à ce silence. Elle se tourna enfin, et se ravança en disant :


J'ai déjà pris plusieurs cours d'escrime pour consolider mes compétences d'auto-défense. Mais j'ai décidé de passer à un niveau supérieur, et je voudrai apprendre à attaquer, pour montrer que je ne suis pas qu'une noble maniérée et inoffensive. Mon ancien « instructeur d'armes » était...plutôt bon, mais je voulais cette-fois ci la crème de la crème, l'élite qui puisse m'apprendre les techniques de combat. Et quoi de mieux que le Capitaine de l'armée royale en personne ? Détrompez-vous, je pense que vous êtes l'un des meilleurs. On m'a beaucoup parlé de vos prouesses à la guerre du mur.

Elle marqua une pause et esquissa un large sourire pour accompagner son subtil compliment. En même temps, elle lui montrait qu'elle s'était intéressée à son expérience, et non pas simplement à son rang gradé dans l'armée. Puis elle reprit :

Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous ferai pas perdre de temps. J'ai déjà les bases de la défense, et j'ai souvent assisté à des combats d'arène. Bien que la théorie ne remplacera jamais la pratique. En plus de ça, je vous paierai la somme qu'il vous convient.

Elle s'arrêta une nouvelle fois, faisant toujours des pauses dans ses phrases, pour bien se faire comprendre. Ainsi, la duchesse faisait aussi preuve d'éloquence, en étant calme et détendue dans sa façon de parler. Puis elle finit par une question elle aussi :

Je pense que vous ne voulez pas perdre plus de temps que ça en bavardages, donc si nous en avons fini, commençons.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Fredrich
Capitaine de l'armée royale
avatar

Messages : 6

MessageSujet: Re: Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]   Ven 2 Nov - 19:22

Fredrich esquissa un sourire amical, qui semblait presque attendri ; mais la cicatrice qu'il arborait semblait refermer son visage dans une sorte de fermeté impassible, transformant son témoignage de sympathie en une simple dédicace de politesse. Les mots qu'elle lui touchait évoquaient un passé encore frais, et son sourire masquait la tristesse derrière l'ampleur des horreurs qui avaient pu être subies derrière le grand mur. La bourgeoisie citadine ne pouvait pas percevoir cette horreur, et comprendre qu'il n'exerçait pas le métier auquel elle s'attendait. A moins que cela n'était que politesse ou flatterie, destinée à enrober de sucre ses buts ? Aux soldats les muscles et aux bourgeois la cervelle, pensa-t-il un instant ; un cliché que l'on se partageait bien volontiers entre camarades de guerre... Mais qui, songea Fredrich, demeurait un cliché. Et puis, qui pouvait s'arquer en recevant tel compliment ?

Je suis, il est vrai, en possession de mon titre uniquement grâce à mes prouesses, comme vous dites. Mais ces prouesses sont celles d'un homme de guerre, et vous devez être bien consciente que les batailles que j'ai vécu ne se négocient pas comme les affrontements de rue. Cela dit, je suis bien trop pointilleux avec ces détails dont vous n'avez guère à vous préoccuper.

Fredrich jeta un regard vers l'arsenal que proposait l'arène une seconde fois. La duchesse avait raison, l'essentiel était dit, et la dame désirait pratiquer, ce qu'il pouvait offrir avec aise. Elle était un tant soit peu expérimentée, ce qui n'allait pas ralentir l'exercice, mais ses mots ne pouvaient suffire à la jauger, et son instinct habituel lui urgeait de ne jamais prendre de haut l'inconnu, fut-il enveloppé des formes les plus attrayantes et les plus inoffensives qui soient. Il avait besoin de la pousser à se révéler pour mieux l'étudier. Aussi, alors que dans sa tête se forgeait lentement mais sûrement sa préparation à un duel sur lequel il rendrait sa garde aussi impénétrable que le meilleur des boucliers, il retira lentement le baudrier qui maintenait son épée, endormie dans son fourreau, et se tourna pour s'approcher du bord de l'arène. Après avoir marmonné quelques mots, il apposa le pommeau de celle-ci contre son front, puis l'accrocha à la rambarde de l'arène. Il se retourna ensuite, et à pas lents, rejoignit Cassandra, avant de l'enjoindre à se rendre vers le mur aux armes de l'arène.

Je ne sais quelle arme possède votre préférence, ma dame, aussi je vous concède le choix de l'objet dont vous voudrez vous servir, et de l'objet contre lequel vous voudrez vous défendre. C'est après tout votre curiosité que je me dois de satisfaire, et vos bases devraient pouvoir vous guider, n'est-ce-pas ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassandra Deniel

avatar

Messages : 41

MessageSujet: Re: Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]   Lun 12 Nov - 17:53

La duchesse l'observait toujours, attentive et intéressée par le capitaine de l'armée royale. C'était tout de même un personnage important qui était en face d'elle. Mais elle ne l'admirait pas, car elle aussi était importante, et elle ne l'oubliait jamais : elle était trop orgueilleuse pour cela. Ils avaient chacun leur importance dans des domaines différents, et c'était magnifique comme chacun de ces domaines, tout en restant à leur place, s'articulaient et se complémentaient. Si Cassandra ne participait pas à la fabrication d'armes, qui était un marché très bénéfique, il n'y aurait pas de soldats, mais s'il n'y avait pas d'individus voulant se battre, il n'y aurait pas d'armes.

Elle s'approcha donc, d'une démarche très élégante, vers le mur, et ne se fit pas attendre pour décrocher une épée normale -celle qu'elle avait déjà essayé avant qu'il n'arrive- pour la tenir à une main, les doigts bien placés sur le pommeau. Elle reposa ses yeux sur Fredrich, en disant avec un sourire courtois:


Il me semble que cette épée fera l'affaire. Mais n'est-ce point dangereux de commencer la leçon par de vraies armes ?

Son ton innocent cachait merveilleusement bien sa sournoiserie. Cela ne la dérangeait en rien de se battre avec des lames, bien au contraire, cela serait plus intéressant, et plus distrayant avec le risque. Surtout qu'elle avait un avantage. En effet elle espérait compter sur la galanterie et la courtoisie de cet homme bien placé, et qu'il s'engage à ne jamais la blesser. Mais elle, étant si maladroite à l'escrime, elle pourrait par inadvertance lui trancher un doigt ou deux, voire la main entière. Et quel désespoir se lirait dans ses yeux, dans ses expressions ! Intérieurement, elle s'imaginait mille scénarios sur cet humain. Pourtant, elle restait calme et polie, comme se devait d'être une duchesse. Elle s'écarta un peu de lui et fit :

Je vous propose de me montrer quelques exercices de base pour attaquer, puis je tenterai de les reproduire. Qu'en pensez-vous ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Fredrich
Capitaine de l'armée royale
avatar

Messages : 6

MessageSujet: Re: Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]   Lun 12 Nov - 18:27

Fredrich aurait pu sourire à la remarque, mais il demeura interdit. Qu'avait-il à gagner à s'instaurer une attitude propre à tous ceux que lui-même trouvait patauds et disgracieux ? Il n'y avait pas vraiment à sourire dans une telle situation, et il ne comptait pas le faire, malgré toute l'expérience qu'il possédait et qu'elle n'avait certainement pas. Il se contenta de hocher la tête, et de s'approcher de la duchesse.

Vous m'aviez dit que vous connaissiez quelques bases, n'est-ce-pas ? Il est inutile de perdre du temps avec quelque reproduction factice, qui ne ferait qu'ancrer de mauvaises habitudes ou perceptions de la chose. Peu sont ceux qui partent à la guerre avec une épée en bois, et la plupart du temps ils n'en reviennent pas, dame. De même, lorsque viendra le jour où un manant osera s'attaquer à votre personne, sa lame sera forcément tranchante.

Il prit, non sans politesse et précaution, l'épée des mains de la comtesse, et la soupesa. L'arme ressemblait beaucoup à Rédemption, sa propre arme. En la balançant entre ses mains, il se rendit rapidement compte de la facture certes sobre et simple de l'arme, mais honnête et fiable : le fer semblait de bonne qualité, le point d'équilibre à sa place, et le fil suffisamment tranchant. Fredrich hocha la tête, comme par approbation après avoir jugé l'arme, et, faisant signe à la duchesse de le suivre, retourna au centre de l'arène.

Peut-être que les épées longues paraissent moins sophistiquées que les fines lames dont nombre de bretteurs sont friands, mais elle ne se manie pas sans une certaine grâce. En fait, il s'agit - et par ailleurs, il s'agit de cela pour toutes les armes - d'allier tout ce que le corps nous offre.

Fredrich raffermit sa prise sur la poignée en y joignant ses deux mains. Il ramena la garde contre sa poitrine, le plat de la lame effleurant sa joue. Puis, dressant ses bras et tendant le pied en avant, il frappa. L'épée cingla l'air, décrivant une courbe diagonale vive et précise qui aurait atteint un homme aux muscles du trapèze, à l'orée de son cou. L'assaut avait été porté avec force, et pourtant Fredrich n'avait en aucun cas perdu le contrôle de son arme : déjà il la ramenait sur son côté, se préparant à réarmer un coup... Le tout en s'adressant à son élève.

Voyez, dame, dans une situation telle que celles auxquelles vous pourriez être confrontée, les combats ne durent guère. Chaque coup doit être pensé avec sa propre utilité, son intérêt ; c'est pourquoi je commencerai par les attaques. Retenez en principalement trois. D'abord, celles qui viennent par en haut, dont la force et la vitesse surpasserons les autres.

Il effectua à nouveau un pas en avant, et, pivotant, fit tournoyer la lame dans un large arc de cercle devant lui. L'épée siffla encore, cherchant une chair qu'elle ne trouva pas en dépit du grand chemin qu'elle avait parcouru. S'il parlait en même temps, Fredrich ne cédait pas à son discours l'importance d'une respiration régulière, qui pouvait s'entendre, interposant ses mots.

Ensuite, les assauts circulaires. Ces coups-ci sont ceux qui viennent le plus facilement. Il n'est pas rare de toucher plusieurs personnes avec au cours d'une mêlée, et elle sert à maintenir à distance son ennemi ou au contraire à chercher le contact avec son fer.

Il glissa ensuite sa main d'appoint plus bas sur la poignée, et celle-ci vint prendre appui sur le pommeau de l'épée. La dirigeant alors d'une main, et poussant avec force sur l'autre, Fredrich se rua en avant et asséna dans le vide une estocade, la pointe de son épée cherchant quelque gorge imaginaire, comme un serpent enragé furieux à l'idée de planter ses crocs, avant de retomber lentement dans le vide.

Le chevalier quitta sa garde, et avança vers la duchesse. Tenant la lame par les quillons, soutenue par deux de ses doigts, il lui présenta la poignée de l'épée.


Et enfin, l'estocade. La plus mortelle et la plus précise des attaques, qui se doit d'être effectuée avec puissance si elle veut pénétrer la chair de l'ennemi ; l'estocade attaque des points vulnérables et inflige des dégâts localisés extrêmement profonds.

Il maintenait son visage fermé, et s'il gardait une attitude sympathique et on ne peut plus polie, il avait changé son regard, à présent concentré, militaire et fermé.

Montrez-moi comment vous portez ces trois coups, dame. Je tâcherai de faire de mon mieux pour que nous perfectionnons cet art.

Tuer des gens, un art.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Bras tendre ou bras de fer [PV Fredrich]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Avant Bras Rathalos azur
» dans une main la colombe, dans l'autre le calibre, j'ai beau tendre les bras, je ne trouve pas l'équilibre.
» Presentazione di meds93
» bras motorisé pour ecran plat
» Deux bras supplémentaires

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Nord de Vesperae :: Hémisphère Nord :: Argelas :: Les arènes-
Sauter vers: