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 Les affaires compromises [PV Isurion]

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Cassandra Deniel

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MessageSujet: Les affaires compromises [PV Isurion]   Lun 26 Mar - 19:21

En étant une Duchesse, Cassandra se devait de participer à la politique et à l'économie de la ville. Un nouveau bateau devait être construit dans les mois à venir. Mais avant, il fallait récolter les matériaux nécessaires à la fabrication du navire. Aussitôt le projet mis en route, le responsable des travaux vint à la rencontre de la duchesse pour lui demander de financer la construction, et de l'aider . En échange, elle toucherait une part intéressante des bénéfices des échanges commerciaux, quand il serait en état de naviguer avec les autres îles. L'idée de savoir qu'elle pourrait s'enrichir, elle signa le contrat sans hésiter. Elle engagea donc une vingtaine d'hommes pour aller couper du bois pendant deux semaines.

Embrassant leur femme et leurs enfants, les petits ouvriers s'en allèrent en direction du sud de Sarosa, avec au moins cinq carrioles. Arrivés sur le chantier, ils installèrent leur campement, ainsi que tout l'attirail pour commencer leur tâche. Dès le lendemain, les oiseaux et les animaux sauvages s'enfuyaient en entendant le raffut. Des coups de hache donnés de façon machinale dans l'écorce, dans l'aubier du cœur. Si les arbres avaient pu pleuré, crié, et saigné, ils l'auraient fait. Mais voilà, ils devaient subir la douleur d'être fendu. Ils devaient sentir en silence, avec humilité, les coups que les humains leurs assénaient. Voilà que le premier arbre tomba à la renverse sur le sol, dans un bruit assourdissant qui effrayait les quelques animaux courageux qui avaient voulu rester. Les nids étaient dévastés, les insectes couraient partout sous les racines arrachées de la terre. Deux hommes traînèrent l'arbre dans une charrette, et recommencèrent. Leur mission était simplement de couper et de déraciner les arbres, car le bois allait être traité par d'autres ouvriers.

Le soir, les hommes se reposaient autour du feu, discutant, mangeant, et buvant à leur guise. Ils faisaient bonne chaire. Ils ne se doutaient pas que c'était leur dernière soirée, leur dernier repas. Puis ils s'endormirent tous, chacun dans leurs tentes. Dès l'aube, les ouvriers reprirent leur travail. Les violents coups de hache qui tuait et détruisait la Nature continuaient. Il y eu une bonne trentaine d'arbres qui furent ainsi arrachés à Danava, mais peu leurs importait, tant que ça rapportait un peu d'argent pour faire vivre leur famille, les ouvriers ne s'en plaignaient pas. Tandis que le ciel commençait à se voiler d'obscurité, et que les premières étincelles et les premiers crépitements de feu commençaient à naître, les ouvriers finissaient de ranger les deux trois carrioles remplies de bois. Mais ils en avaient encore pour une semaine et demie, et la forêt n'avait pas fini de saigner.

Heureusement pour la Nature, ou malheureusement pour ces ouvriers qui n'étaient, au final, que des pantins de l'économie, une Bête surgit pendant le début du repas. Au départ, ce n'était qu'une silhouette, alors simplement l'un deux se leva avec sa hache pour chasser ce qu'il croyait être un simple animal sauvage égaré. Mais l'animal en question savait très bien où il allait, et ce qu'il comptait faire. Quand l'ouvrier fut assez près, il bondit sur lui dans un grognement atroce, mais il ne l'attaqua pas pour autant. L'humain n'eut pas le temps de remarquer que celui-ci n'avait pas lancé d'offensive, il prit ses jambes à son cou, en criant et en alertant les autres ouvriers. Et parfois, le courage n'est que vanité. L'un deux prit sa hache en voyant l'animal, qui avait tout l'air d'être un loup. L'effet de groupe l'obligeant, et la panique étant à son comble, tous les ouvriers prirent leurs haches et se ruèrent vers la bête en envoyant des lourds coups de hache. Celui qui semblait mener le groupe, réussit à toucher la Bête. Sous le coup de la douleur de la plaie superficielle, le loup se redressa debout, très habilement, et poussa un grognement atroce et effrayant, et alors le chef du groupe s'aperçut avec horreur que ce n'était autre qu'un lycanthrope, et il cria donc, avec rage, mais sans courage :


« UN LYCANTHROPE ! ABBATTEZ LE ! »

Il n'avait pas eu le temps de dire ça, que la mâchoire de la Bête s'était déjà planté dans sa gorge, pour lui arracher tout le larynx. Ses yeux fixèrent le vide, et il s'écroula. Ce fut alors un véritable massacre. Les hommes tentaient de se défendre, mais leurs haches ne lui faisaient rien. En plus, ils n'étaient pas qualifiés, ce n'étaient pas des guerriers et le lycanthrope était rapide, puissant, efficace, et chaque homme tombait. A la fin, il n'y eut plus qu'une gigantesque mare de sang, avec des corps gisants et déchiquetés au sol. La terre se nourissait de cette offrande, c'était une vengeance, c'était le sang des arbres, qu'ils n'avaient pas pu saigner.

Le Destin fait bien les choses. Le lendemain, Cassandra avait prévu de descendre jusqu'à Sarosa pour constater l'avancée des travaux, s'assurer que les ouvriers n'étaient pas des flâneurs. Elle était partie dès le soir, seule, car elle voulait être rapide et discrète. Elle arriva donc dans la fin de matinée dans la forêt. Ce fut un désastre, un effroi qui s'empara d'elle en voyant la scène : il n'y avait que deux carrioles de remplies. A deux mains, avec ses gants en cuir, elle souleva légèrement un tronc pour en vérifier l'état. Au moins, la marchandise n'avait pas été endommagée. Elle trébucha sur un bras coincé sous la roue de la charrette, et le prit d'un air exaspéré. Elle remarqua alors qu'il s'agissait d'une morsure de loup, mais vue le carnage, ce ne pouvait être qu'un lycanthrope. Elle soupira et maudit cette Bête. Ces belles chaussures étaient salies par la terre et le sang des ouvriers, éparpillés un peu partout. Enfin, les parties des corps éparpillées un peu partout. Si le lycan n'avait pas ruiné son affaire, elle aurait sûrement trouvé la scène joviale, artistique, voire même poétique. Elle aurait eu beaucoup d'inspirations pour quelques horreurs dans la journée.

Elle tourna la tête d'un air interrogatif, fronçant les sourcils et s'arrêtant. Elle entendit des gémissements légers. Elle se rapprocha de la source de ce bruit, qui se distinguait de mieux en mieux, arrivée devant une tente encore intacte. Elle dégaina une dague, et souleva le tissus qui servait de porte à la tente. Elle tomba alors face à un homme, dans la quarantaine, recroquevillé sur lui-même, les mains sur les oreilles. Elle tourna la tête vers les alentours, et se demanda pourquoi le lycanthrope l'avait épargné. Elle rengaina, et prit un air affligé. Elle était surtout exaspérée, en réalité. Elle tendit ses mains et commença à rassurer l'homme. Il était complètement en état de choc. Il était comme ce gamin dont elle avait tué les parents...que de bons souvenirs ! A la fin, elle le tira par le bras pour l'obliger à sortir. Il regardait autour de lui, totalement effrayé. Elle posa ses mains sur ses joues en lui murmurant des expressions pour le calmer. Alors qu'il commençait à se calmer, une expression machiavélique et démoniaque se révéla sur son visage, et elle fit :


Navrée, ce n'est pas contre toi, ce sont juste les affaires, et je ne veux pas que tu y fasses obtascle.

Et soudain, elle tourna violemment sa tête pour lui craquer la nuque. Il tomba par terre aussitôt qu'elle le lâcha, et elle se tourna comme si de rien était, en se frottant les mains. Si cet homme était resté vivant, il aurait tout raconté, et elle n'aurait pas pu faire venir d'autres ouvriers, car la forêt aurait été considérée comme dangereuse, et plus personne n'aurait voulu accepter le travail. Et les affaires sont les affaires. En soupirant, elle s'accroupit sur un cadavre, et observa les plaies. Elles étaient fraîches et il n'y avait pas encore d'asticots, ce qui voulait dire que le massacre avait eu lieu quelques heures à peine, avant qu'elle n'arrive. Peut-être était-il encore dans les parages...
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Isurion
La Bête
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MessageSujet: Re: Les affaires compromises [PV Isurion]   Mer 28 Mar - 16:17

La Bête arracha d’un mouvement sec de la gueule un nouveau lambeau de chair du cadavre d’un daim qu’elle venait de tuer lors de sa chasse, et, relevant la gueule, avala le morceau avant de replonger son museau dans les entrailles de sa proie.
Une fois rassasié, il laissa là la carcasse grandement entamée aux charognes et aux insectes, indifférent à ce sort, et alla trouver l’ombre d’un arbre, à l’écart des routes qu’empruntent les hommes, afin de se reposer et digérer.

Durant ce temps où il demeurait tout de même à demi-vigilant, attentif aux mouvements alentours afin d’éviter quelques mauvaises surprises, il fut brutalement interrompu par un tapage plus important que d’ordinaires, son odorat autant que son ouïe le prévenant d’un brusque et chaotique désordre venant de la faune voisine, semblant fuir quelques hommes.
Il prolongea toutefois sa sieste et à la faveur de la nuit, alla inspecter l’endroit à l’origine des évènements du jour. Il y trouva un banal campement de bûcherons ainsi que les ravages propre à cette profession. S’il n’était pas de ceux cherchant volontairement ces campements, il ne laissait pourtant pas ceux qu’ils croisaient libre de leurs méfaits. Il observa une nuit durant, estimant tant le nombre que la force qui lui ferait face le lendemain.
Il attendit, tapit à proximité, silencieux, la pause du midi, là où ils seraient moins attentif, moins réactif. Il laissa là son arme et son pagne… C’est une bête qui frapperait ces hommes, l’une des plus sauvages.

Quand le moment fut venu, il passa à l’action, se mouvant rapidement sur ses quatre pattes, si bien qu’il put apparaître pour un loup, certes énorme, mais tout aussi commun que les autres. Il chargea le premier qui s’était levé, muni d’une hache pour le chassa et sembla bondir sur lui pour l’effrayer. Il ne voulait pas tuer, simplement dissuader de poursuivre et s’enfuir face à son harcèlement.
Le premier prit les jambes à son coup, hurlant, alertant les autres… Mais plutôt que fuir, ils chargèrent sur lui, leurs outils en main. Dommage pour eux, grogner ne suffirait, il allait devoir mordre.
Avec agilité, il évita de nombreux coups mais finit par être frappé par celui qui semblait être leur chef. Il s’écarta du groupe un instant avant de se redresser, posant une patte sur la blessure pour constater qu’elle était superficielle. Il pouvait donc continuer le combat.
Il chargea celui qui l’avait blessé, tandis que ce dernier constatant la nature de la bête ordonnait qu’on l’abatte, et avant qu’il n’ait terminé, ses crocs se refermaient sur la gorge, mettant un terme à sa vie. Se fut le premier, mais pas le dernier.

Il s’attaqua à chacun d’eux, inexpérimenté dans les choses du combat et trop effrayé par le monstre, il n’eut à souffrir que de quelques blessures légères alors qu’il taillait en pièce le moindre de ses opposants, avec sauvagerie et sans aucune forme de pitié.
Ce n’était pas des soldats, et il n’était pas un loup ordinaire, ni une de ses bêtes qui auraient tendance à fuir l’homme. Ainsi, ce qui fut le matin même un campement des plus actifs s’était transformé en peu de temps en véritable carnage où se mêlait tentes déchirés et membres éparpillés. La Bête ne mangea aucun des bûcherons, ils étaient l’exception à son comportement animal, la proie qu’il chasse pour tuer, non pour manger.

Aussi vite qu’il était venu, il parti, voulant éviter quelques soldats ou miliciens qui auraient pu, au cours d’une patrouille, le trouver là, avec les cadavres. Il demeura à proximité toutefois, au cas où cette seule démonstration ne suffise pas à freiner les ambitions des hommes, et le lendemain, c’est une femme que son odorat perçut, seule.
Il l’observa un instant, demeurant caché, et constata la richesse de ses habits… A coup sûr, ça n’était pas une villageoise. Pourtant, une personne de noble naissance ou de bonne fortune se baladant ainsi seule, c’était étrange, inhabituelle.

Il l’a vit trouver un survivant, il l’a vit également le tuer, sans aucune forme d’hésitation, sans aucune forme de pitié, et c’est à cet instant qu’il choisit d’apparaître, décider à donner satisfaction à sa curiosité et son envie d’éclaircissement.
A la différence de la veille, c’est sur deux pattes et portant son pagne qu’il apparut, et en guise d’introduction, il dit simplement, d’une voix grave.

« Pour l’avoir vu, je savais les gens de la haute souvent sans cœur, mais de là à achever un survivant… Qui êtes-vous ? »
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Cassandra Deniel

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MessageSujet: Re: Les affaires compromises [PV Isurion]   Jeu 29 Mar - 15:03

Elle n'aurait su dire si c'était dû à ses prédispositions démoniaques, mais Cassandra sentait une présence, quelque chose qui pesait sur elle. Peut-être était-ce dû aussi au fait qu'elle venait de voir que les plaies des ouvriers étaient fraîches. Quoiqu'il en soit, son doute fut vite confirmé en voyant une silhouette qui se distingua rapidement de l'ombre, laissant découvrir une bête grande qui lui tint quelques paroles. D'ailleurs, ses paroles lui arrachèrent un sourire sarcastique, presque sournois. Elle se redressa lentement, fièrement, comme pour soigner sa présentation. Ou bien pour rester sur ses gardes ? Nul ne saurait le dire. Elle leva très légèrement le menton, toujours d'un air fier et hautain, et fixa le lycanthrope en le regardant par-dessous, avec un petit sourire amusé. Elle avait toutes les caractéristiques d'une noble détestable. Puis sur un ton plutôt sarcastique elle fit :

« Les gens », une expression intéressante, puisqu'elle ne regroupe pas seulement les Hommes. »

Après lui avoir adressé ces quelques mots, elle finit par le jauger, car elle n'en avait pas eu l'occasion auparavant. Il savait bien parler, certes, mais il ressemblait en tout point à un vrai loup sauvage, si ce n'est la taille. Seul le pagne autour de sa taille pouvait sous-entendre aussi qu'il n'était pas un simple loup. Elle s'arrêta, et soupira en regardant les alentours d'un air exaspéré, puis elle rajouta :

« Pour l'instant, ce n'est pas mon identité le plus important. Le plus important, c'est que vous venez de ruiner une source importante de mes bénéfices, et cela me désappointe énormément. Avez-vous conscience que vous vous êtes mis en travers de mon chemin ? »

Cassandra était provocante, c'était dans sa nature de démone. Elle semblait sûre d'elle, de ce qu'elle disait et faisait. Mais, elle cachait sans doute aussi une once de peur. Elle avait toujours détesté les lycans, car leurs morsures étaient un fléau. Nulle remède contre cette transformation en loup, oui, on pouvait dire que c'était un fléau. D'un autre côté, elle ne doutait pas non plus de ses compétences. Elle jouait beaucoup sur son apparence de femme gracieuse, coquette, pour cacher sa force et son agilité hors du commun. Les sous-estimations des autres étaient son principal avantage. Ce qui la poussait aussi, d'un autre côté, à ne pas sous-estimer ses adversaires. Même si son orgueil sur dimensionné lui donnait la tendance à croire qu'elle était supérieure à tous, elle devait tout de même prendre en considération le fait qu'il y avait des adversaires, potentiellement capable de la terrasser. Mais il fallait bien rajouter, potentiellement, c'était important pour l'arrogante.

La démone ne s'arrêta pas sur la remarque du survivant, ne jugeant pas utile de se justifier. Personne ne se justifiait de tuer des mouches, et s'ils le faisaient, ils disaient que c'était parce-que c'était sale, et gênant. Ces excuses convenaient parfaitement à ce que pensait Cassandra. La seule différence avec les mouches, c'était que les humains étaient utiles pour les travaux conséquents. Ils étaient simplement de bonnes machines, ou bien des bêtes à exploiter pour enrichir les gens plus supérieurs. On leur donnait du pain, des jeux, et ils pouvaient être efficace pour au moins cinquante ans. Et comme ils se reproduisaient facilement, elle pouvait en tuer quelques uns, et en reprendre d'autres. Il fallait juste que la discrétion soit de mise, et pour évanouir les doutes, il fallait revenir à la réflexion de base : du pain, et des jeux. Le plus remarquable, c'était que cette réflexion n'avait pas été développée par les démons, mais bien par un groupe d'humain, qui se donnaient le nom de « politiciens », des « intellectuels », qui voulaient organiser le pays et manipuler la masse.

Pour un raisonnement aussi ingénieux, il fallait que ses politiciens soient posséder par des démons, ce n'était pas possible autrement. C'est bien ce qu'elle avait fait.
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Isurion
La Bête
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MessageSujet: Re: Les affaires compromises [PV Isurion]   Sam 31 Mar - 8:12

Les premiers mots de la noble dame filèrent sans qu’il n’en tienne compte, n’en saisissant pas tout à fait le sens, tout du moins, la valeur qu’il lui aurait fallu y accorder. Parlait-elle des Hommes comme d’un genre, à opposer à Femme, ou bien à la race, et cela pouvait impliquer qu’elle fut autre chose qu’humaine. Dans un sens ou dans l’autre, le Loup ne s’en soucia guère.
Ce qu’il observa, ce à quoi il accorda plus d’importance, c’est qu’elle ne faisait pas montre d’une peur pourtant naturelle face à un être de sa taille, de son espèce. Elle était seule, sans le moindre garde, ce que lui indiqua tant son flair que son ouïe, et n’était finalement qu’un petit bout de femme, certes richement vêtu, mais ça n’était pas là des protections qui auraient justifiés une telle… assurance.
Il décida finalement, tout en gardant à l’esprit quelques ressources que ses sens ne pouvaient détecter – des ressources magiques, donc – que ça n’était là que le typique comportement d’une noble personne qui se devait d’afficher de la hauteur et de l’arrogance à tous ceux qui, à ses yeux, ne dépassait pas son titre.

Quand elle lui parla de ce qu’il avait fait, de la ruine d’un projet financier, et du dérangement occasionné, mais surtout lorsqu’elle semblait croire pouvoir l’intimider en lui faisant prendre conscience qu’il s’était mis sur sa route, le loup croisa la bras et sourit, affichant ses crocs… Et, avec amusement, entreprit de lui répondre, avec une certaine insolence.

« Pour tout vous dire, lorsque j’ai agis, ça ne m’a pas traversé l’esprit… Et pour être franc, maintenant que vous le dites, ça ne m’impressionne pas plus que cela. »

Et là-dessus, il haussa des épaules, ponctuant le fait que la noble dame le laissait indifférent. Mais pour se montrer aimable, il ajouta toutefois.

« Mais il ne faut pas prendre ombrage. Des êtres dont la simple évocation du nom fit trembler ce royaume ont prononcé de tels mots, ou une équivalence, sans davantage de résultat. Peut-être que le commun des hommes tremblerait à l’idée de s’être interposer entre vous et vos objectifs, mais, pour ma part, j’ai rencontré des plus coriaces que vous, qui que vous soyez. »

C’était gentil non ?
Mais il ne s’arrêta pas là.

« Mais cela n’explique toujours pas que vous ayez tué ce malheureux. Il n’était en rien responsable, et ne méritait pas cette fin, de vos mains tout du moins, de mes crocs, cela se justifiait. »

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Cassandra Deniel

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MessageSujet: Re: Les affaires compromises [PV Isurion]   Mar 3 Avr - 17:08

On ne pouvait pas s'en douter. La joute verbale s'était bel et bien mise en place, et l'hostilité montait progressivement entre les deux interlocuteurs. Tous deux jouaient la carte de l'insolence, de l'arrogance et de la confiance en soi, en somme, celle de l'intimidation. Mais plus l'un à cherchait à intimider l'autre, plus l'autre renforçait son intimidation. Leurs gestes et leurs postures, tout comptait dans cette mise en scène, ce petit jeu qui allait très vite déraper. Malgré les phrases particulièrement agaçantes du lycanthropes, Cassandra ne perdait pas son sourire malicieux et arrogant, car il ne fallait surtout pas perdre la face. Entre les cadavres et les mares de sang, ils restaient tous deux à se fixer, à se confronter. Elle trouvait ça assez comique d'être en train de discutailler, de pinailler avec ce loup, tandis que le massacre était encore frais comme si la situation était tout à fait normal. Tout coulait de source, enfin là, c'était surtout le sang qui coulait de source.

Peut-être était-ce aussi la vue du sang qui mettait à l'aise la démone, mais elle se sentait vraiment dans son élément. Et même si ce petit coin de nature, à Danava, pouvait être le territoire du lycanthrope, les âmes des cadavres étaient livrés à Vanilius. La mort était partout, et elle avait conquit pour un temps cette terre. Elle considérait donc qu'elle était aussi chez elle. Elle avait l'avantage de l'arrogance de son adversaire. Il ne jugeait que sur l'apparence. Il avait beau faire plus de deux têtes de plus qu'elle, et être plus colossale, la démone n'en demeurait pas moins forte. Elle ne doutait pas de sa capacité à lui tenir tête. La seule chose qui la tracassait encore, c'était ces maudites morsures. Mais il fallait, pour le moment, étouffer cette hésitation, pour ne pas laisser entrevoir la quelconque faiblesse à ce sauvage. Quelque chose dans son discours lui arracha un petit rire. « Des êtres dont la simple évocation du nom fit trembler ce royaume ». Ces êtres, et elle pensait savoir de qui il voulait parler, n'étaient tout simplement pas futés.

Mettre en plein jour ses plans et ses positions n'étaient jamais la preuve d'une ruse avancée. Le mieux était toujours d'agir dans l'ombre, sans que personne n'ait connaissance de votre nom, et encore moins de vos actes. Certes Cassandra était connue dans la cours des nobles, mais cette population n'était qu'infime, comparée à toute la population paysanne et pauvre, qui eux, ne connaissaient l'existence de la duchesse que depuis qu'elle avait pris l'initiative de faire des actions caritatives pour les plus pauvres. Après être restée silencieuse et impassible devant le loup, elle haussa les sourcils, avec un regard malicieux et un sourire amusé. Elle n'avait pas l'intention de dévoiler qui elle était, il ne fallait pas prendre de risque même si la parole d'un lycanthrope pesait peu contre une duchesse prétendue humaine. Elle observa les alentours avec un petit soupir, elle faisait la comédienne pour l'agacer. Elle faisait mine de s'ennuyer, quand il parlait de celui qu'elle avait tué. Elle haussa les épaules en disant sur un ton détaché :


"Je n'ai jamais dit qu'il était responsable de quelque chose. Cela n'a rien de personnel, les affaires sont les affaires, c'est tout. Il n'était qu'un obstacle pour mon commerce, que j'ai dû supprimer. Vous savez, il y a d'autres formes de luttes contre un obstacle tel que vous. Je pourrais par exemple faire renforcer les lois contre les lycanthropes, et faire de la propagande pour souiller tout le nom de votre race. Juste parce-que vous ne voudriez pas payer les pots cassés."

Elle ne voulait vraiment pas de combats, même si le chemin vers la violence semblait inévitable. Toutes ses menaces n'étaient bien sûr que des paroles en l'air, elle disait simplement cela pour l'intimider et lui montrer de quoi elle était capable. En effet, elle avait la puissance d'instaurer de telles lois, mais d'un autre côté, les lycanthropes lui étaient souvent très utiles pour cacher certains de ses crimes. Elle mettait ça sur le dos de massacres sauvages, et le tour était joué. Elle voulait le provoquer, ou du moins, le pousser à bout pour voir où étaient ses limites, jusqu'où il saurait garder son calme. Il ne servait à rien de l'attaquer pour l'instant, il fallait que tout passe par les mots. Car les mots étaient souvent bien plus efficaces qu'un simple glaive. Après, elle ne connaissait pas non plus le passé de ce loup, et peut-être était-il trop sauvage ou impulsif pour garder son sang froid face à cette démone impitoyable, opportuniste et arrogante.
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Isurion
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MessageSujet: Re: Les affaires compromises [PV Isurion]   Dim 8 Avr - 10:29

Si la bourgeoise demeurait arrogante et hautaine, la menace qu’elle proféra fit sourire la Bête, il voulu en rire mais s’abstint tout de même.

« Et vous pensez qu’une telle politique me musèlerait ? Regardez autour de vous… Voyez-vous la moindre meute me suivre ? Non. Aussi, vous pouvez bien renforcer vos sanctions à l’encontre des lycanthropes, je ne mordrais pas moins les gens de votre espèce tant qu’il me restera un souffle de vie. »

Il était solitaire… Le problème des meutes n’était pas le sien, mais il ne laisserait tout de même pas les choses se faire sans réagir. Après tout, il allait de sa petite satisfaction que de s’offrir une possibilité d’humilier, lui, la Bête, une si noble personne.
Aussi ajouta t-il, tout naturellement.

« Pour chaque lycanthrope qui sera tué, je pourrais m’attaquer à deux humains, à vos affaires en dehors de l’enceinte de cette ville. Il me vient alors une question… Qui de nous deux a le plus à perdre ? Vous, la bourgeoise, qui investirez et perdrez votre fortune ainsi que la confiance et le soutien de vos gens si vous tardez à parvenir à m’abattre, ou moi, la bête sauvage et solitaire qui n’a pour réelle possession que sa vie et cette épée ? »

Le prix que chacun avait à payer, il espérait que la mise en avant d’une telle balance inégale et en défaveur de la noble suffirait à lui faire entendre raison, après tout, ces gens là sont accrochés à leurs petites fortunes.

« Aussi, vous aurez beau vous cacher derrière des lois, sachez que celle des hommes ne sont pas les miennes. Alors renoncez, retournez dans votre luxueuse demeure et pleurez dans vos petits draps de soies parce qu’une bête sauvage vous aura offert une vérité que toutes vos richesses ne sauraient changer. Il vaut mieux cette seule humiliation qui ne sera connue que de nous deux qu’une plus grande, publique celle-ci. »

C’était peut-être de trop… Mais bon, il voulait tout de même se faire plaisir et mettre en avant ce que serait malgré tout une retraite de la part de cette dame.

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